Reset Modernity!

Sam. 16.04.2016-Dim. 21.08.2016 / ZKM_Atrium 8 + 9 / Conférence de presse : Jeu. 14 avril 2016, 10 heures / Ouverture : 15 avril 2016

(lifePR) ( Karlsruhe, )
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19 h : Performance Superpowers of Ten par Andrés Jaque / Office for Political Innovation

20 h : Vernissage

Pour conclure GLOBALE nous inaugurons une dernière exposition, Reset Modernity! dont les commissaires sont Bruno Latour, Martin Guinard-Terrin, Christophe Leclercq & Donato Ricci. À travers six procédures, les visiteurs pourront expérimenter différentes manières de « expérimenter un Reset de la modernité ». L'exposition est étroitement liée aux deux modules Museum of Oil de Territorial Agency et The Appearance of That Which Cannot be Seen d'Armin Linke : ces trois expositions, pensées en résonance, traitent d'enjeux auxquels les modernes sont confrontés, à l'heure d'une mutation écologique profonde.

Selon Michel Serres, les contemporains de Galilée étaient tout aussi surpris par la découverte que la Terre se « meut » que nous le sommes aujourd'hui par la découverte que la Terre « s'émeut ». D'autant plus que cette « émotion » est en partie due à l'activité humaine ! Aujourd'hui, il s'agit moins d'absorber la nouveauté de terres inconnues que de saisir de nouvelles façons de comprendre celle qui est sous nos pieds. De quoi être profondément désorienté...

Que fait-on quand on est désorienté ? Par exemple, lorsque la boussole du smartphone qu'on utilise ne fonctionne plus ? On fait un reset. Même si l'on est paniqué par la perte soudaine de nos repères, on doit prendre son temps pour suivre un ensemble de procédures et recalibrer son téléphone. Cette procédure dépend de la situation et de l'appareil. Mais il faut toujours rester calme et suivre attentivement les instructions en espérant que l'appareil se remette à capter les signaux des satellites, dispersés loin au-dessus de nos têtes.

Dans cette exposition, nous proposons quelque chose de semblable : le reset de quelques instruments enregistrant les signaux contradictoires de notre époque. Sauf que nous n'essayons pas de recalibrer une simple boussole, mais cet obscur principe de projection qui sert à cartographier le monde, à savoir la modernité !

La modernité était un moyen de différencier progressistes et réactionnaires, passé et futur, Nord et Sud, haut et bas, riches et pauvres, radicaux et conservateurs. Cependant, cette boussole, surtout en temps de crise écologique, est devenue folle ! Arrêtons-nous un moment, prenons le temps de tester les procédures qui permettraient de recalibrer nos détecteurs afin de sentir à nouveau où nous sommes et où nous diriger.

Malheureusement, après le reset, il ne sera plus aussi facile de retrouver son chemin. Il n'y a de système de référence aussi simple que la longitude et la latitude. Le temps est venu de chercher un autre type de sol, d'inventer d'autres territoires. Il est grand temps d'être enfin « terre à terre » !

Il ne suffit pas d'appuyer sur un bouton pour faire un reset, encore faut-il suivre une procédure précise. L'espace du ZKM a ainsi été mis en scène sous forme d'un atelier expérimental en six sections. Chaque section correspond à une procédure du reset.

À titre d'exemple, la première d'entre elles porte sur la relocalisation du global. Aujourd'hui, tout est censé être mondial ou encore « global », sauf qu'en pratique on voit toujours localement, à partir d'un endroit particulier, au moyen d'instruments spécifiques. Powers of Ten de Charles et Ray Eames est l'archétype de cette vision scientifique globale, non située, qui s'apparente au « regard de Dieu » sur le monde. L'installation du Wall of Science de Peter Galison contraste avec cette dernière en offrant une vision plus réaliste des sciences.

Une autre section attire notre attention sur de nouvelles manières d'occuper un territoire. Comment les modernes peuvent-ils absorber la découverte de limites au moment de l'Anthropocène, sans retomber pour autant sur la notion de frontières et d'identité ? Ce thème est au coeur des enjeux traités par le collectif d'architectes Folder qui interroge les limites de l'État-nation italien confronté au changement climatique. Dans une autre veine, Nymphéas Transplant (14-18), de Pierre Huyghe, explore une parcelle de territoire fragile avec un écosystème contenu dans une membrane.

Oui, l'expérience de toutes les procédures dans son ensemble peut être assez déroutante au début. Mais après quelque temps, nous espérons que vous aurez la sensation d'avoir retrouvé une certaine capacité à vous réorienter. Aucune garantie, bien sûr : il s'agit d'une expérience, d'une « exposition de pensée », d'une Gedankenausstellung !

Texte : Bruno Latour

Artistes participants

Lisa Bergmann & Alina Schmuch · Jean-Joseph Baléchou· Hicham Berrada · Bureau d'Études · Kees Boeke · · Emma Charles · Tacita Dean · Albrecht Dürer · Charles & Ray Eames · Folder (Marco Ferrari, Elisa Pasqual) & Alessandro Busi, Aaron Gillett, Pietro Leoni, Delfino Sisto Legnani, Alessandro Mason, Angelo Semeraro, Livia Shamir · Jean-Michel Frodon & Agnès Devictor · Peter Galison, Robb Moss & Students · Fabien Giraud · Sylvain Gouraud · Pierre Huyghe · Andrés Jaque / Office for Political Innovation · Pauline Julier · Armin Linke · Adam Lowe · David Maisel · John Martin · Anne-Sophie Milon & Jan Zalasiewicz · Lorenza Mondada, Nicolle Bussien, Sara Keel, Hanna Svensson & Nynke van Schepen · Ahmet Ögüt · Véréna Paravel & Lucien Castaing-Taylor · Elke Evelin Reinhuber · Sophie Ristelhueber · Philippe Squarzoni · Simon Starling · Thomas Struth · Sarah Sze · Thomas Thwaites · The Unknown Field Division (Liam Young and Kate Davies) · Benoît Verjat & Donato Ricci · Jeff Wall.

Bruno Latour est un anthropologue, philosophe et sociologue qui travaille depuis trente ans sur une anthropologie des modernes. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment Nous n'avons jamais été modernes (1991) et Enquête sur les modes d'existence (2012). Il est professeur à Sciences Po Paris.

Commissaires de l'exposition :

Bruno Latour, Martin Guinard-Terrin, Christophe Leclercq & Donato Ricci

Scénographie et Design Research: Critical Media Lab Institute of Experimental Design and Media Cultures Academy of Art and Design FHNW Basel (Jamie Allen, Claudia Mareis, Moritz Greiner-Petter, Paolo Patelli, Johannes Bruder, Flavia Caviezel, Carola Giannone, Deborah Tchoudjinoff )

Publication

Le catalogue de l'exposition est publié par The MIT Press et ZKM | Centre d'art et de technologie Karlsruhe.

Colloque

Ven.-Sam. 15-16.04.2016

Next Society - Facing Gaia

Inscription impérative pour le vendredi 15 avril, le nombre de places est limité à 120 personnes. Inscription avant le vendredi 1er avril par mail à : next_society@zkm.de. Aucune inscription préalable n'est nécessaire pour le samedi 16 avril. Informations supplémentaires sur : zkm.de

Sam. 16.04- Dim. 21.08.2016

Territorial Agency: Museum of Oil

ZKM_Atrium 9

Module de l'exposition Reset Modernity!

Laissons le pétrole dans le sol ! Cette revendication relève de la chimère pour beaucoup de gens, tant il semble purement impossible d'arrêter d'extraire du pétrole. Notre univers et son économie reposent précisément sur cette ma tière première. Il faudrait donc changer complètement notre vie et repenser intégralement nos organisations pour que cela puisse fonctionner.

Le Museum of Oil conçu par Territorial Agency donne précisément naissance à l'une de ces nouvelles organisations. Le musée voit le jour à une époque où nous comprenons de mieux en mieux comment la terre se métamorphose profondément sous l'effet de notre influence humaine, et où, conjointement, se forment de nouveaux champs de travail, de nouveaux projets de recherche et un nouvel activisme. L'objectif du Museum of Oil peut par conséquent se définir clairement : l'industrie pétrolière est une relique du passé et doit être reléguée au musée.

Le Museum of Oil met en lumière comment l'industrie pétrolière n'a cessé de s'étendre, au prix de brutalités et d'exploitations, avant que son bien-fondé ne commence à s'effriter et à perdre sa consistance. Il présente des informations, des objets et des données pour nous amener à la seule conclusion sensée qui puisse mettre un terme aux visions de développement propagées sans relâche par l'industrie pétrolière : laissons le pétrole dans le sol !

Un projet de : John Palmesino et Ann-Sofi Rönnskog / Territorial Agency en coopération avec Greenpeace.

Sam. 16.04.2016-Dim. 21.08.2016

Armin Linke: The Appearance of That Which Cannot be Seen

ZKM_Atrium 8 + 9

Deuxième partie, module de l'exposition Reset Modernity!

Pour The Appearance of That Which Cannot Be Seen, des chercheurs et théoriciens ont été invités à étudier les archives d'Armin Linke. Les images, qu'ils ont sélectionnées en dialogue étroit avec l'artiste, sont présentées dans différentes compositions dans l'exposition.

À la croisée du monde physique et numérique, le projet d'Armin Linke ouvre une perspective sur des questions centrales de GLOBALE, telles que la technologie intelligente, les métadonnées, le changement climatique et l'industrie 4.0. Pour GLOBALE, des chercheurs, des théoriciens et des anthropologues culturels ont sélectionné différents clichés dans la photothèque de plus de 500 000 prises de vues d'Armin Linke et les ont commentées dans des textes et interviews. La manière dont nous lisons le monde à travers des images est abordée grâce à la mise au jour du processus de sélection. De même, le projet évoque les diverses approches méthodologiques des thèmes de GLOBALE variant selon les démarches et intérêts de recherche des divers « acteurs».

Depuis plus de vingt ans, Armin Linke (né en 1966 à Milan, vit et travaille à Berlin) photographie les retombées de la mondialisation, la métamorphose complète de l'infrastructure et de l'interconnexion de la société postindustrielle sous l'effet des technologies d'information et de communication numériques. Il capture dans ses travaux les profondes mutations économiques, écologiques et technologiques qui marquent notre monde ultratechnologisé à l'ère de l'Anthropocène.

La première partie de l'exposition a été présentée comme module de l'exposition Infosphère entre le 04.09.2015 et le 31.01.2016.

Commissaire : Philipp Ziegler
Conception : Armin Linke, Jan Kiesswetter, Mevis & van Deursen, Alina Schmuch
Conception sonore : Giuseppe Ielasi, Nicola Ratti
En coopération avec : PAC Padiglione d'Arte Contemporanea, Milan
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