Freitag, 22. September 2017


Datumsoria: The Return of the Real

Sam. 09.09.2017- Dim. 18.03.2018 / ZKM_Atrium 1+2

Karlsruhe, (lifePR) - Conférence de presse : jeu. 07.09.2017, 11 heures
Vernissage de l’exposition : ven. 08.09.2017, 19 heures

Le néologisme « Datumsoria » combine les termes « Datum » (date) et « Sensoria » (sensorium) pour qualifier un nouvel espace de perception immanent à l’ère de l’information. L’exposition Datumsoria: The Return of the Real, conçue par le conservateur sino-américain ZHANG Ga, est un projet de coopération entre le Chronus Art Center à Shanghai, le ZKM | Karlsruhe, le Nam June Paik Art Center à Séoul et le CAFA Art Museum à Pékin, réunissant dix oeuvres absolument extraordinaires et mposantes. Datumsoria ouvre donc des perspectives complètement nouvelles sur la logique du réel. Émerge une réalité reposant sur des instructions omniprésentes sous forme de codes qui ont modifié les règles du jeu du travail et des loisirs, de la politique et de l’économie, de l’imaginaire artistique et de la sensibilité culturelle. Les artistes invités à l’exposition du ZKM sont, entre autres : Ralf Baecker, Laurent Grasso, George Legrady, LIU Xiaodong, Rafael Lozano-Hemmer, Carsten Nicolai, Nam June Paik, YAN Lei, WANG Yuyang et ZHANG Peili.

Datumsoria: The Return of the Real est une version considérablement élargie de l’exposition éponyme, présentée au Chronus Art Center de Shanghai (18.09.2016-30.12.2016). L’exposition est le résultat du programme de recherche Art&Tech@, conçu et dirigé par ZHANG Ga, également commissaire et conseiller international sur l’art médiatique, professeur honoraire et directeur du Center for Art and Technology de la prestigieuse Académie centrale des beaux-arts (CAFA) de Pékin. Depuis 2015, ZHANG Ga occupe aussi le poste de directeur artistique au Chronus Art Center de Shanghai. Auparavant, il a notamment été professeur d’art médiatique à l’université Tsinghua de Pékin, ainsi que professeur associé à la School of Art, Media and Technology at Parsons The New School for Design de New York. Zhang Ga a publié de nombreux ouvrages, aux éditions MIT Press par exemple, et a siégé dans différents jurys d’art médiatique (entre autres pour le Prix Ars Electronica).

Artistes présentés et leurs oeuvres
Le lauréat du Prix Marcel Duchamp (2015), Laurent Grasso, présente la sculpture Solar Wind de 3,5 m de haut au ZKM. Elle est inspirée de son impressionnante installation lumineuse Solar Wind dans le 13e arrondissement de Paris. À Paris, Grasso projette des phénomènes qui se déroulent dans l’univers sur des silos de ciment de 30 m situés à la périphérie de la ville : des tempêtes solaires, des explosions de supernovae ou des pluies de météorites. Pour cette installation, Laurent Grasso a travaillé au Centre national d’études spatiales (CNES) pour développer un algorithme qui réagit en temps réel à une variété de données solaires, telles que le rayonnement, les champs magnétiques ou l’activité des météorites et les traduit en lumière et en couleur. Avec Solar Wind, ces activités solaires sont reproduites et matérialisées en direct au moyen de la technologie LED comme variations de luminance et de chrominance. Elles fusionnent avec les réflexions sur la surface géométrique de la sculpture de verre teinté translucide pour créer des dégradés de couleurs fascinants.

Pour son oeuvre RÊVERIE Reset, l’artiste chinois YAN Lei, présent notamment à la documenta 12, a monté 80 grands et petits écrans, alimentés par cinq ordinateurs et montés sur une gigantesque structure cylindrique à rotation lente. Tous les périphériques sont intégrés dans un système qui accède automatiquement à une banque d’images générée par les utilisateurs : les visiteurs peuvent prendre des photos et, une fois au musée, les télécharger sur une base de données à l’aide d’un code QR. Dès que RÊVERIE Reset détecte une nouvelle photo, le système est mis à jour et affiche la nouvelle image sur tous les écrans de la structure tournante. RÊVERIE Reset détruit ensuite l’image en fondant ses couleurs, générant ainsi une surface monochrome. Le processus de reconnaissance arithmétique du système analyse l’image et reproduit son contenu en tant que texte. Le résultat est une image monochrome de grande dimension accompagnée d’un texte décrivant le contenu de l’image effacée tel qu’il a été « compris » par la machine. Avec son installation, YAN Lei remet en question l’acte de la représentation et souligne la futilité de l’image peinte.

Pour Weight of Insomnia, l’artiste chinois LIU Xiaodong a conçu un système automatisé qui utilise des données streamées en direct et un algorithme informatique pour peindre successivement une toile issue de ces données pendant toute la durée de l’exposition. Pour la présentation au ZKM, des caméras ont été installées en trois lieux différents : l’une observe la Porte de Brandebourg depuis l’Académie des arts de Berlin, la seconde capture la construction de carrosseries à l’usine BMW de Dingolfing et la troisième est placée sur un rond-point de Karlsruhe. Les trois caméras envoient leurs données vers la salle d’exposition. Trois grandes toiles (3 x 2,5 m chacune) sont montées sur des échafaudages. Un pinceau contrôlé par un robot traduit les trois flux de données filmés par les caméras en contours de véhicules, silhouettes d’arbres, profils de circulation et ombres humaines. Dans la tradition du pleinairisme, un instant fugace est capturé et enregistré comme un point donné du passé. Les toiles de LIU Xiaodong reproduisent une variété d’instants en perpétuel changement. Dans ce processus continu, le réel – l’endroit qui peut être localisé géographiquement – devient irréel sous la forme de paquets de données binaires, afin de réinventer finalement un réel – sous la forme d’un réseau de traces superposées. L’oeuvre de LIU Xiaodong a été présentée dans de nombreuses expositions
monographiques et collectives, par exemple au Palazzo Strozzi à Florence (2016).

Avec son installation audiovisuelle unitape, Carsten Nicolai examine les systèmes de codage d’image et de notation basés sur le principe d’informations codées en binaire dans les cartes perforées du début de l’informatique. L’artiste a conçu l’idée d’unitape au cours de ses recherches sur l’histoire de sa ville natale, Chemnitz, autrefois un centre important de l’industrie textile allemande. L’invention par Joseph Marie Jacquard (1752-1834) du métier à tisser mécanique permet de produire rapidement des motifs complexes à l’aide de cartes perforées. L’oeuvre de Nicolai – avec ses dimensions de 18,30 x 3,80 m – crée des images et des sons sans défauts, d’une précision et d’une pureté mathématique inhabituelle. Les miroirs des deux côtés de la surface de projection élargissent encore l’espace occupé par l’image dans une largeur et une profondeur infinies, ce qui permet une immersion complète des sens. Les permutations infinies trouvent leur réverbération dans les tonalités génératives – chez Nicolai, la différence émerge de la répétition. Sous le pseudonyme d’Alva Noto, Nicolai entreprend des expériences réductionnistes dans le domaine de la musique électronique. Il a récemment présenté l’installation sonore white circle pour le ZKM_Klangdom (mars 2016) dans le cadre de GLOBALE DIGITALE et à l’occasion de l’anniversaire du label raster-noton, qu’il a cofondé avec Olaf Bender et Frank Bretschneider. L’oeuvre audiovisuelle de Nicolai a été présentée dans le monde entier dans de nombreuses expositions monographiques et collectives, telles que la biennale de Singapour et à la Schirn Kunsthalle de Francfort.

L’artiste canado-américain George Legrady, né en Hongrie, expose l’oeuvre multimédia Voice of Sisyphus. Depuis les années 1970, il se concentre sur la photographie, qu’il connecte à des technologies numériques depuis le milieu des années 1980. Dans Voice of Sisyphus, une photographie est développée en une composition audiovisuelle continue. La projection de la photographie d’une soirée de bal huppée, tirée d’un passé indéterminé, se transforme dynamiquement en temps réel. Ce processus de transformation produit des sons. Ils sont diffusés de façon aléatoire ou selon des trames séquentielles variées et accompagnent les pixels et les matrices qui analysent l’image. L’algorithme filtre, masque et scanne la fréquence et exécute une variété d’autres processus de traitement d’image. Le son passe par toute la gamme musicale : il rappelle la tonalité d’Alexandre Scriabine et atteint finalement une polyphonie qui ponctue les zones d’images où apparaissent des visages, des groupes humains, des fenêtres, des lunettes, des lignes, des miroirs, des plantes, des décors, etc. La minutie informatique fait autant ressortir le son visage que l’image sonore.

Dans l’installation Mirage, l’artiste allemand Ralph Baecker crée un paysage synthétique en se basant sur de données fournies en temps réel, qui interprète les changements minimes et constants du champ magnétique terrestre et les rend perceptibles. Un algorithme d’apprentissage fonctionnant de manière autonome enregistre les données du champ magnétique et génère des variations du signal précédemment analysé. À cet effet, Baecker construit un projecteur qui utilise les principes de l’optique et de la recherche sur les réseaux neuronaux. Les signaux sont traduits en une matrice bidimensionnelle, qui déforme physiquement une plaque de miroir à l’aide de 48 amplificateurs. La surface du miroir change de manière analogue aux signaux du système. Grâce aux fluctuations constantes du signal, la projection ressemble à un paysage que l’on traverse.

Pour l’oeuvre Landscape with Spherical Architecture, l’artiste chinois ZHANG Peili, considéré comme le « père de l’art vidéo » en Chine, a installé 36 écrans qui affichent des paysages immobiles dès que les visiteurs s’en approchent dans un rayon de trois mètres. Ils peuvent activer les images horizontalement ou verticalement. Alors que l’architecture reste statique à l’arrière-plan, les scènes se déplacent légèrement au premier plan. S’il n’y a pas de visiteurs dans un radius de trois mètres, les écrans s’éteignent et les images disparaissent. Si les visiteurs consultent les 36 écrans les uns après les autres, les images apparaissent et disparaissent alternativement comme dans la séquence rapide d’une animation. La position et le mouvement sont des variables qui définissent une variété de scénarios allant de l’image statique à l’objet mobile. Ce processus provoque une double volte-face : la perception subjective fluctue sur l’identité réelle de l’objet, et l’objet ne dévoile sa présence multiple que lorsqu’on le rencontré d’une certaine manière.

L’artiste multimédia mexicano-canadien Rafael Lozano-Hemmer est connu pour ses installations interactives qui intègrent autant l’espace urbain, public que celui de la galerie, et utilisent une large gamme de nouveaux médias et technologies (y compris des capteurs, des scanners biométriques, des caméras de surveillance, des systèmes de suivi et des microphones). L’installation Please Empty Your Pockets de la collection du ZKM se compose d’un scanner et d’un tapis roulant. Quiconque place un petit objet sur le tapis contribue à la création d’une nouvelle oeuvre d’art interactive. La structure de l’installation rappelle un scanner de bagages à l’aéroport, la seule différence étant que la participation du public est bénévole. À l’autre extrémité du tapis, une image scannée de l’objet apparaît avec des images précédemment scannées, ainsi que des images provenant d’une base de données dans laquelle 600 000 objets ont été numérisés depuis la création de l’installation. S’appuyant sur la technologie de la réalité augmentée, l’installation combine des objets réels avec leurs traces et fonctionne ainsi comme la mémoire collective des objets consommés.

Quarterly est une oeuvre de WANG Yuyang#. « WANG Yuyang# » est une série d’oeuvres produites par une suite logicielle conçue par WANG Yuyang. « WANG Yuyang# » (WYY#) et WANG Yuyang (WYY) forment une entité entièrement compatible. Tout comme l’artiste du même nom, WYY# travaille avec des matières premières – ici, trois bases de données. Le composant central est une base de données brute (RD) avec de nombreux modèles 3D, des textes de portée littéraire et historique, ainsi que des formes visuelles qui se réfèrent à l’histoire de l’art sur le plan stylistique et formel. En outre, la RD fonctionne comme une mémoire pour les algorithmes qui constituent une partie des ressources de base pour les calculs de WYY#. S’y ajoutent la base de données de processus (PD) et la base de données de sortie (OD). Au début, WYY# crée une adresse e-mail et s’assure une présence sur les réseaux sociaux. WYY# recherche d’abord des informations filtrées sur des sources en ligne, des flux de médias sociaux et la base de données brute. WYY# évalue cette collecte de données, repère des idées préliminaires et clôt le processus en stockant les résultats dans la base de données de processus. Ensuite, WYY# effectue une lecture minutieuse du matériel collecté dans la première sélection, l’attribue à différents types de données et dérive des concepts qui sont ensuite convertis en code ASCII. Puis WYY# lance une recherche dans la base de données brute pour identifier des formes visuelles correspondant à ces concepts. Des processus d’analyse différenciés répétés s’ensuivent, WYY# s’assure par là que les propriétés matérielles (compositions, textures, nuances de couleurs, traits de pinceau, etc.) de chaque objet se rapprochent de la description initiale. Les unités individuelles traitées ultérieurement sont compilées selon les interprétations sémantiques du code ASCII dans la base de données de sortie. Enfin, WYY# donne à l’assemblage un nom et le libère comme oeuvre d’art, ce qui donne à WYY une existence concrète.

En 1974, Nam June Paik avait déjà eu une vision d’Internet – l’Electronic Superhighway, comme un moyen de se connecter et d’échanger avec des gens du monde entier. Il relance cette idée dans les années 1990 à la suite du développement d’Internet ce dont témoigne son installation Internet Dream. 52 moniteurs alimentés à partir de trois sources iconographiques différentes, exécutent une chorégraphie visuelle, créant un tourbillon hypnotique. La fréquence de découpage rapide donne lieu à un montage visuel dynamique. La zone centrale du mur vidéo est formée par quatre surfaces rectangulaires composées chacune de nouveaux moniteurs, décalées à chaque fois de 90 degrés. Elles restituent l’image à partir de la première source. Ce noyau rythmique et lumineux est entouré de 16 moniteurs supplémentaires – cinq plus grands à gauche et à droite, et six de la même taille formant l’extrémité supérieure. Ils diffusent alternativement l’un des deux autres enregistrements vidéo. Paik est considéré internationalement comme le pionnier de l’art vidéo et médiatique. C’est le premier artiste au monde à avoir travaillé avec la vidéo dès 1965, et exploré ses possibilités artistiques les années suivantes. Son travail protéiforme, qui compte sculptures vidéo, installations, performances, bandes vidéo et productions télévisées, se caractérise par une interaction unique entre pensée extrême-orientale, avant-garde occidentale, innovations technologiques, beaux-arts et musique. L’oeuvre de Paik a été honorée par de nombreux prix et présentée dans des expositions dans le monde entier. En 2008, le Nam June Paik Art Center a ouvert ses portes à Séoul.

Programme en marge de l’exposition

Sam. 09.09.2017, 14h30-17 heures
Débat d’artistes
ZKM_Salle de Conférences
Entrée gratuite

Discussion entre le commissaire ZHANG Ga et les artistes Ralf Baecker, Laurent Grasso, George Legrady, LIU Xiaodong, YAN Lei, WANG Yuyang et ZHANG Peili.

 
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